Luxembourg, le 12 octobre 2006
Communiqué de presse
En ma qualité de présidente de l’Ombuds-Comité fir d’Rechter vum Kand, j’ai visité ce matin deux jeunes mères incarcérées en détention préventive avec leurs enfants âgés respectivement de deux ans et demi (une petite fille) et de seize mois (un petit garçon).
Les deux jeunes femmes partagent une cellule avec leurs enfants. Une crèche à Schuttrange a bien voulu accepter à tour de rôle 2 fois par semaine l’après-midi, l’un ou l’autre enfant. Chaque enfant passe donc 5 jours sur 7 enfermé en cellule toute la journée avec une heure de sortie autorisée dans la cour de la prison. Cette situation est absolument inacceptable.
Ces enfants ont besoin de bouger. Les gardiennes sur place font de leur mieux pour offrir un encadrement avec leurs moyens très modestes. Les petits peuvent se défouler dans le corridor devant les cellules : toujours confrontés à l’enfermement et aux clés.
Toutes les cellules du département pour femmes sont occupées ; actuellement 39 femmes sont incarcérées.
Qu’en est-il de la sécurité de ces enfants ? Quid du risque d’être pris en otage ?
Les jeunes femmes n’apprécient guère que leurs enfants vivent avec elles au Centre pénitentiaire : elles affirment qu’elles préfèrent les voir placés en institution ou dans une famille d’accueil en attendant leur sortie de prison.
L’art 142 du règlement du centre pénitentiaire précise :
« Hormis le cas où elle se constitue prisonnière, le directeur ne peut refuser une femme accompagnée d’un enfant incapable de se passer des soins de sa mère ou d’une femme dont l’accouchement pendant la détention est à prévoir. Les enfants admis avec leur mère peuvent être gardés par celle-ci dans leur chambre ou cellule ; ils y disposent toujours d’une couchette séparée.
Les enfants qui peuvent être séparés de leur mère ne sont pas admis ».
Il est vrai que la cellule occupée par les deux femmes et les deux enfants dispose de deux couchettes séparées : deux matelas posés par terre !
Quelques jouets traînent dans les étagères.
Le Centre pénitentiaire n’offre ni les infrastructures, ni les moyens matériels et personnels pour assumer l’accueil des enfants en bas âge en prison auprès de leur mère incarcérée.
L’Ombuds-Comité fir d’Rechter vum Kand invite les autorités concernées à prendre sans tarder des mesures pour sortir ces petits enfants de la prison.
Marie Anne RODESCH-HENGESCH
Présidente de l’Ombuds-Comité fir d’Rechter vum Kand
|
||||||
|
|
||||||